Les artistes graveurs de Xylon-Québec
Qu'est-ce que Xylon Québec ?


Son histoire …

En 1976, un groupe de graveurs québécois, Mario Pouliot, Francine Beauvais, Louis Brien et Vincent Théberge, découvrent l'existence de Xylon international, à l'occasion de la triennale XYLON 7, y décelant une opportunité exceptionnelle pour la diffusion des œuvres gravées. Par la suite, soit en 1979, ce premier contact déclenche en eux les goût et besoin de se greffer à cette société qui, dans ses statuts et règlements, souhaite et favorise la création de sections nationales.

En 1982, afin de faire connaître la gravure sur bois du Québec et de sortir les graveurs québécois de l'isolement, dû à leur situation géographique, Bill Vincent, Francine Simonin, Mario Pouliot, Vincent Théberge et Francine Beauvais constituent légalement, sous le nom de Xylon Québec (Canada), dit Xylon Québec pour les fins de ce texte, la section nationale québécoise de Xylon international, qui la reconnaît officiellement en 1985. Ainsi, se crée Xylon Québec, société à but non lucratif. Les graveurs québécois accèdent alors à l'information dispensée par la société mère et participent aux triennales, ce qui leur permet de situer périodiquement leur production par rapport à celle de leurs collègues étrangers. Désormais, des liens artistiques sont établis à l'extérieur du Québec, allant même jusqu'au parrainage.

En 2002, Xylon Québec compte vingt-huit (28) membres oeuvrant sur le territoire du Québec, certains étant d'origine européenne ou sud-américaine. Ils partagent le triple objectif de Xylon international, mais leur parcours révèle à la fois des objectifs spécifiques.

… ses objectifs spécifiques

Société à but non lucratif, Xylon Québec vise à :
1) stimuler la recherche et la création d'œuvres en relief;
2) promouvoir la gravure, en regroupant les graveurs pour favoriser les échanges d'information et l'établissement de contacts entre les artistes québécois et étrangers;
3) faire connaître les graveurs québécois au Québec et à l'étranger, par des expositions nationales annuelles et internationales et des échanges avec d'autres sections;
4) favoriser et supporter les expositions individuelles et collectives de ses membres;
5) faciliter l'échange des expériences et des informations par l'édition de livres d'art, intégrant textes d'auteurs, poésie et gravures, et la publication de catalogues.
Bref, Xylon Québec agit à la fois à titre de créateur, d'éditeur et de diffuseur.

et sa délinquance thématique !

Xylon Québec est un délinquant au niveau de la thématique, refusant l'imposition de toute règle normalisante. Sa thématique est multiple, aucune préférence n'y prévalant. Prise individuellement, la production de chaque graveur relève plus ou moins spécifiquement de l'art abstrait ou figuratif, d'un parcours académique ou autodidacte, d'un enracinement rural, urbain ou forestier et, donc, de la nature ou la culture, d'affinités asiatique, mexicaine, européenne, américaine et sud-américaine ou, encore, tout simplement humaines, révélant alors des émotions inscrites dans le temps et l'espace ou proposant de nouvelles versions de ces mêmes concepts allant au delà du visible. En ce sens, Xylon Québec est non seulement délinquant, mais, aussi, une créature hybride.

Seuls les livres, surgis de l'œuvre commune, canalisent cette multiplicité foisonnante sous un même thème poétique, toujours empreint de nordicité et d'américanicité, puisque les auteurs, sources d'inspiration, parlent du Québec, en proposent les aspirations et déceptions, parmi vents et vastes étendues (Témiscamingue), eau et neige, forêt nommée (Pointe bleue) ou anonyme de pins, sapins, épinettes, bouleaux, mélèzes, cèdres, peupliers et chênes, lacs et poissons, flore et faune (mésanges, chardonnerets, cerfs, orignaux et marmottes), tous enrobés des quatre saisons de l'été, l'automne, l'hiver et le printemps, aux couleurs et climats bien campés. En plus de sculpter le bois, les artistes de Xylon Québec en parlent et l'imaginent. Ils intègrent à leurs œuvres les vers empruntés aux poèmes et les illustrent. Nicole Malenfant confirme cette unicité de la gravure québécoise: "La rencontre du poète, de l'estampier, du typographe et du relieur a connu au Québec un destin qui n'a cessé de fasciner chaque génération d'artistes", réunie autour d'un livre d'art (L'estampe originale au Québec 1980-1990, Bibliothèque nationale du Québec et Conseil québécois de l'estampe, Montréal, 1991, p. 21). Ainsi, les livres s'ouvrent-ils sur des images porteuses de la trace de la langue française. "L'estampe n'est plus ici seconde … elle n'est pas là pour "illustrer" le texte : elle est simplement un autre texte, une autre manière de dire quelque chose d'autre qui, sans doute, ne pourrait être dit d'une autre façon … " (Jean Dumont, XYLON DEUX).


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